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Elisabeth...






 
 

Premier prix des romans historiques 2011
"Arts et Lettres de France"

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Préface :

Une rencontre a préludé à ce livre.
Une rencontre comme je les aime, tout à fait spontanée et inattendue, un cadeau de la vie.


Dimanche après-midi. Il fait chaud, très chaud, sous la bâche du Salon. Et bien sûr pas un chat – pardon, pas un lecteur- dans les allées qui séparent les stands.
Au-delà de cet espace désespérément vide, les écrivains et les artistes présents, assis face à face, s’observent sans en avoir l’air.
Je m’affale sur ma chaise, assommée par la moiteur ambiante.


A côté de moi, une inconnue. L’empathie – réciproque ? – est presque instantanée. Et pour tromper l’ennui, nous bavardons.

J’évoque la biographie sur laquelle je travaille, Dominique m’interroge et s’intéresse à ma déontologie.
Ses questions sont pertinentes et son intérêt est réel. Je laisse venir. Elle me parle alors de sa grand-mère. Une femme fascinante selon elle, avec un parcours tout à fait atypique. Elle effleure certains épisodes, analyse son ressenti, me dévoile l’existence d’un journal écrit en allemand et récemment traduit par sa sœur aînée.
J’avoue être intriguée.


Quelque part mon flair d’écrivain s’est éveillé. Mais notre aimable conversation cessera avec la fin du Salon. Nous avons échangé nos adresses courriel, je dois finir ma biographie et elle a ses propres projets. Deux années passent ainsi…


Je la retrouve lors d’une soirée. Nous sommes également ravies de nous revoir, et cette fois, je suis libre ! J’ai toujours un dossier jaune qui porte le nom de sa grand-mère sur mon bureau. Les choses ensuite vont assez vite : elle me met en contact avec sa sœur, gardienne de la mémoire familiale.


Je rencontre Françoise en Alsace. Je sais que je n’ai qu’une occasion de faire bonne impression et c’est maintenant ! Il me faut l’apprivoiser si je veux écrire ce livre. Fidèle à moi-même, je reste authentique.


J’explique mon intérêt et ma façon de travailler. Françoise m’écoute détailler les différentes étapes du processus par lesquelles elle risque de passer. En effet, si elle me confie le journal de sa grand-mère, je deviens redoutable ! L’intuition et l’expérience permettent souvent de découvrir bien des choses, même celles qui devraient rester secrètes.


Est-elle prête à se faire déranger, bousculer, peut-être même bouleverser, et sa famille avec elle ? Mais là aussi le courant passe. Nous discutons à bâtons rompus. Elle me confie de vieilles photos et le fameux journal traduit en français par ses soins. Ensemble nous allons progresser.


Les pièces du puzzle trouvent leur place l’une après l’autre. Françoise préfère ménager la mémoire de son père décédé et respecter le souhait d’anonymat de sa mère. Les patronymes, et en tout premier lieu celui de Marie-Louise, sont donc fictifs.


J’espère avoir été assez proche de mon héroïne pour arriver à rendre justement à la fois son personnage complexe et l’époque passionnante qui a été la sienne. 

Elisabeth Jaeger-Wolff

 

 

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Frontières abusées
D’une Europe à l’autre, le regret des choses…

La Mitteleuropa, l’Europe Centrale, rayonne de tous ses feux à l’aube du vingtième siècle.
Marie-Louise, jeune bourgeoise mulhousienne passionnée de littérature et de musique, obtient son brevet supérieur à Paris.
Elle rêve de devenir institutrice.
Survient la grande guerre. Soupçonnée d’espionnage, Marie-Louise doit fuir l’Allemagne pour le Royaume de Hongrie et se voit contrainte d’abandonner son fils né de père slave.
Elle sera durant des décennies, dans une Europe traversée par des courants nationalistes et bouleversée par l’émergence des fascismes, cette silhouette anonyme et errante dont le destin kafkaïen croisera celui d’hommes et de lieux célèbres.
Portée par ses rêves et marquée par son vécu, Marie-Louise fait preuve d’une incroyable aptitude à la vie, tout simplement.



 

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